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Je compte mes calories et je ne perds pas de poids : pourquoi

La réponse courte

Si vous notez consciencieusement tout ce que vous mangez et que la balance refuse de bouger, l'énergie manquante se trouve presque toujours à l'un de ces trois endroits : ce qui entre dans l'assiette sans passer par le carnet, un déficit plus petit que celui que vous croyez avoir, ou une fenêtre d'observation trop courte pour se distinguer du bruit. Dans l'ordre de fréquence réelle : d'abord les portions, ensuite l'arithmétique, enfin le temps.

On part du principe que vous dites vrai. La question n'est pas « trichez-vous ? » mais « où se situe l'écart entre ce que vous avez noté et ce que vous avez mangé ? ». Cet écart existe chez presque tout le monde, y compris chez les gens très rigoureux, et il se répare en le regardant, pas en mangeant moins.

Qu'est-ce qui entre dans l'assiette sans être noté ?

Les ajouts invisibles sont rarement des aliments : ce sont des matières grasses et des liquides.

  • Une cuillère à soupe d'huile d'olive pèse environ 10 g et apporte environ 90 kcal. Un filet « pour ne pas que ça attache », puis un filet sur la salade, et vous êtes à 180 kcal que personne ne perçoit comme un repas.

  • 10 g de beurre sur une tartine : environ 75 kcal.

  • Un verre de vin de 15 cl : environ 120 kcal. Trois verres dans la semaine, ce n'est rien socialement, et c'est environ 360 kcal.

  • 30 g de comté ou de gruyère râpé sur les pâtes : environ 120 kcal.

  • Les deux bouchées finies dans l'assiette d'un enfant, la cuillère de sauce, le sucre du café.

Aucun de ces éléments ne mérite d'être culpabilisé. Mais additionnés, ils représentent facilement 300 à 500 kcal par jour, ce qui suffit à annuler un déficit entier.

Mes portions ont-elles dérivé sans que je m'en rende compte ?

C'est le phénomène le plus banal du suivi de longue durée. Au début, vous pesez. Au bout de six semaines, vous « savez » à quoi ressemblent 60 g de riz cru, et vous servez à l'œil.

Le problème, c'est que l'œil dérive toujours dans le même sens. 100 g de riz cuit font environ 130 kcal ; un bol servi généreusement peut en contenir 250 g, soit environ 325 kcal, là où vous notiez peut-être l'équivalent de 150 g. Répétez sur les féculents, le pain et le fromage, et l'écart quotidien devient structurel.

Un test simple : reprenez la balance de cuisine pendant une semaine, uniquement pour les huiles, les féculents, le pain et le fromage. Comparez au poids que vous notiez de tête. L'écart vous dira tout.

Et les jours qui ne ressemblent pas aux autres ?

Les journées de routine se notent bien : vous connaissez vos aliments, vos quantités, vos marques. Les journées différentes — restaurant, déjeuner chez des amis, week-end, déplacement — sont précisément celles où l'estimation est la plus approximative et où l'apport est le plus élevé.

Un plat de restaurant est cuisiné avec plus de matière grasse qu'un plat maison : la même blanquette n'a pas la même densité énergétique selon la main qui l'a faite. Et c'est aussi le jour où l'on note « salade de chèvre chaud » sans penser aux toasts, au miel et à la vinaigrette.

Une part de gratin, c'est combien exactement ?

La recette annonce « pour 4 personnes ». Le plat a été partagé entre trois adultes, dont un qui s'est resservi. La part nominale et la part réelle n'ont plus rien à voir.

Pour les plats familiaux, la seule méthode fiable est de raisonner sur le plat entier : notez les ingrédients tels qu'ils sont entrés dans la casserole, pesez le plat fini, puis pesez votre assiette. C'est fastidieux, mais deux ou trois plats récurrents suffisent : une fois calibrés, ils servent pendant des mois.

Mon déficit est-il vraiment celui que je crois ?

Second grand poste. Beaucoup de gens comparent leur apport à un chiffre de maintenance sorti d'une formule (Harris-Benedict, Mifflin-St Jeor, un calculateur en ligne). Ces formules donnent une moyenne de population, pas votre dépense. Deux personnes de même taille, même poids et même âge peuvent différer de plusieurs centaines de kcal par jour, essentiellement par la dépense d'activité spontanée.

Si la formule surestime votre dépense de 300 kcal, votre « déficit de 500 » est en réalité un déficit de 200. Rien n'est cassé : le chiffre de départ était faux.

La seule maintenance qui vous concerne est celle qui se déduit de vos propres données : apport moyen réel sur au moins deux semaines, comparé à ce qu'a fait la balance sur la même période. C'est la logique que Day So Far applique en ajustant votre objectif sur ce que vous avez effectivement mangé et sur l'évolution de votre poids, plutôt que sur une équation. Cela reste une estimation, mais une estimation fondée sur vous.

Et si le problème était ma semaine, pas mes journées ?

Faites le calcul honnêtement. Cinq jours à −500 kcal font −2 500 kcal. Deux jours de week-end à +1 000 kcal au-dessus de la maintenance font +2 000. Bilan : −500 kcal sur la semaine, soit quelques dizaines de grammes de graisse — invisible sur une balance.

Vos journées de semaine peuvent être parfaites et votre moyenne hebdomadaire proche de la maintenance. Ne jugez jamais un régime sur une journée : regardez la moyenne sur sept jours.

Et si je perdais vraiment, sans que ça se voie ?

La graisse perdue et le poids affiché ne sont pas la même chose. On cite couramment 7 000 à 7 700 kcal pour un kilo de masse grasse : un déficit réel de 300 kcal par jour représente environ 1,2 kg par mois, soit à peine 40 g par jour. C'est très inférieur aux variations d'eau.

Un repas salé, un changement d'apport en glucides (chaque gramme de glycogène retient environ 3 g d'eau), une séance de sport inhabituelle, le cycle menstruel, un transit ralenti : chacun peut masquer une semaine entière de progrès. Sur trois semaines, c'est la tendance des moyennes hebdomadaires qui compte, pas le chiffre du matin.

Le protocole à faire soi-même

Sur trois semaines, sans rien changer à votre apport :

  1. Semaines 1 et 2 : pesez tout ce qui est calorique et dense — huiles, beurre, fromage, pain, féculents, oléagineux. Notez aussi les week-ends, les restaurants et les boissons alcoolisées, surtout quand l'estimation est vague. Décrire « une part de tarte aux pommes, environ un huitième » vaut mieux que de ne rien noter du tout.

  2. Pesez-vous tous les matins, dans les mêmes conditions, et ne regardez que la moyenne de chaque semaine.

  3. Au bout de 14 jours, comparez : apport moyen réel d'un côté, variation du poids moyen de l'autre. Si vous avez perdu environ 0,5 kg sur deux semaines avec un apport moyen donné, votre maintenance se situe autour de 250 kcal au-dessus de cet apport.

  4. Ajustez une seule variable, modestement : soit un ajustement d'environ 10 % de l'apport, soit un peu plus de mouvement quotidien. Puis attendez encore deux semaines.

Si l'exercice révèle un apport déjà bas et une stagnation, couper davantage n'est pas la réponse par défaut : c'est le moment de vérifier d'abord la fiabilité du chiffre, de stabiliser à la maintenance quelque temps, et d'en parler à un professionnel de santé si la situation persiste.

La bonne nouvelle est que ce diagnostic se fait une fois. Deux semaines de mesure soignée valent six mois de suivi approximatif — et vous donnent enfin un chiffre qui vous appartient.

Je compte mes calories et je ne perds pas de poids : pourquoi — Day So Far